Sur les armes.
Lorsque Ramboasalama est porté au pouvoir, les armes à feu
sont relativement rares en Imerina, bien que certains Andriana en possèdent
quelques fois plusieurs, mais elles sont plus une marque de noblesse et
de pouvoir, que des armes d’attaque ou de défense. Les possibles
fournisseurs sont les gens du littoral, plus enclins à razzier
les Merina qu’à les armer.
Pourtant lorsque Ramboasalama sera porté au pouvoir, ce ne sera
pas par des notables armés de fusils. Dès qu’il arrive
au pouvoir, le roi incite ses gens à se procurer des armes, même
en vendant leurs esclaves. Si les Merina, depuis Andriamasinavalona, savent
faire de la poudre, bien que de médiocre qualité car ils
manquent de salpêtre, il ne trouvent pas de silex, et sont toujours
à l’affût de cette amorce.
Pour autant que le roi aura des armes, il ne cessera pourtant de répéter,
"mes fusils sont peu nombreux en Imerina".
Mais à cause des guerres, les besoins en armes augmentent, alors
le roi va créer un impôt d’une demi vata de riz, pour
ceux qui pour une raison quelconque, ne vont pas au combat.
Pour se passer des intermédiaires, et de leurs prix abusifs,
le roi va envoyer à Toamasina, un groupe d’Andraindranandro,
c'est-à-dire des forgerons, pour acheter des armes, de fait, des
gens compétents en armes.
Très vite, au courant des guerres d’Imerina, les traitants
de l’Ile de France et Bourbon, vont être présents aux
frontières d’Imerina, en Ancaye, pays Bezanozano, ou Ampamoizankova.
Il est très possible que certains : tels Chardenoux, Mayeur, Lebel
ou Hugon, rencontrèrent Andrianapoinimerina. La mission des Andriandranandro,
est un succès, ils rapportent de la poudre, des balles, des fusils,
et même un canon, que le roi dénomme aussitôt, Besafara.
Sur les frontières d’Imerina, il existe aussi des marchands
d’armes malgaches, à Maharidaza, c’est un nommé
Tongahasina qui en vend, à Ambodifahitra, c’est un Zanadralambo,Raberanto
qui est parmi les plus importants. Les villages de traite fusils/ esclaves,
sont : Ampamoizankova, le plus réputé et le plus connu,
puis Ambohitrambo et Alarobia à l’Ouest. Il se trafique
également des armes à Angavokely et Ambatomanga en pays
Bezanozano.
En orateur consommé, et qui connaît l’amour de son
peuple pour les mots au sens caché, le roi vante son armement :
il donne un nom évocateur à tous ces fusils ; Behafana,
grande charge, Behafo, beaucoup de feu, Behataka, beaucoup de bruit, etc.
En campagne, le roi emporte ses armes "lourdes" , foconneaux
et fusils de rempart, mais rarement des canons, la seule fois, où
les guerrier du roi ont emporté un canon c’était pour
la campagne du Vakinankaratra, encore c’était plus pour le
prestige de son fils Idama, que pour la guerre, un canon consommant trop
de poudre. Conscient de la fragilité des armes à feu aux
intempéries, le roi va demander qu’elles soient protégées,
aussi va-t-on voir apparaître sur les marchés, des housses
en Zozoro, papyrus. Ces housses selon leur qualité, se vendent
de cinq à dix sept centimes.
La poudre, elle est hors de prix, trente piastres la corne. Ce qui explique
la parcimonie avec lequel on l’emploie, et les tentatives d’en
fabriquer sur place. Les balles elles, pour le roi, sont fabriquées
par les Andriadranandro, et pour le peuple, on emploie de simples morceaux
de cailloux ronds, ou même des morceaux de fonte ou fer, ce qui
n’arrange pas les canons et fusils.
En réalité, l’arme à feu, est plutôt
un signe de prestige guerrier, qu’une arme à gagner les batailles.
La reine des batailles, c’est la sagaie ou lance, ou le grand couteau
sabre.
L’envie de posséder des armes à feu est telle, qu’elle
peut causer la perte d’un village, comme à Miakotso: ce village
était tenu par des gens résolus et les guerriers du roi
ne pouvaient s’en emparer ; alors, une ruse va être utilisée,
sachant que ces gens sont déguisés en marchands pour leur
en vendre. Selon la coutume, ils exigent d’être payes en adultes
mâles, le nombre d’échangés est tel, que la
garnison du village va s’en trouver affaiblie, car ce sont des défenseurs
qui sont prisonniers, et espèrent toujours s’échapper,
ce qui arrive très fréquemment.
Pour protéger le guerrier contre les balles, le roi va faire confectionner
des charmes contre les balles. L’efficacité du charme étant
renforcée par la maladresse du guerrier, la médiocrité
de la poudre, et surtout la mauvaise habitude que les guerriers ont de
serrer la crosse sous le bras, au lieu d’épauler.
Certains faits incroyables, renforcent cette crédulité,
mais le plus souvent, la cause première est la maladresse.
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un mythe une légende" |