L’Imerina à la naissance d'Andrianampoinimerina.
A la naissance du roi, l’Imerina de son grand ancêtre Andriamasinavalona
est en pleine déliquescence. Ambohimanga lui même, berceau de la
royauté des Merina du Nord, doit faire face à l’assaut des Sakalava
de Tsimitovizaka, qui constamment ravagent cette région. Seule l’idole
Ramahavaly réussira à les empêcher d’investir Ambohimanga. Cette
période est aussi celle des guerres inter-familiales, c’est la période
la plus sombre de l’histoire des Hautes terres chaque jour des hommes,
des femmes et des enfants sont "exportés" vers la côte pour grossir
les colonies d’esclaves des amériques et des antilles.
Dans leur désir puéril de conquête, les roitelets des Hautes terres,
bons paysans, mais piètres guerriers, appellent en renfort les guerriers
Sakalava, avec en prime, la population du village investi. Même
la famille du roi Andriambelomasina sera victime de cette
humiliante condition être prisonnier d’autres Merina. Le roi des
Merina du Nord devra payer aux Merina du Sud, ravisseurs de sa famille,
la somme énorme de cinquante piastres pour retrouver ses neveux
et leur mère.
Mais, lui même, Andriambelomasina se servira des Sakalava pour faire
attaquer Antananarivo ou règne Andriamponimerina, à ne pas confondre
avec le futur roi Andrianampoinimerina. Le résultat de ces
guerres fratricides et incessantes : deux famines successives.Ce
sera pendant l’une de ces famines que le roi Andriambelomasina créera
une mesure étalon unique pour le riz. Cette mesure sera déposée
à Kalohy.
Mais comme son grand ancêtre Andriamasinavalona, le roi Andriambelomasina
aura la même faiblesse, son amour pour ses enfants. Lui aussi va
saupoudrer son royaume avec des Andriana régnant sur une fraction
de l’Imerina, multipliant de ce fait les guerres inter-familiales.
C’est dans cette atmosphère de guerres fratricides et de famines
quasi permanentes que Ramboasalama va grandir, observant la
décomposition d’un ancien grand royaume qui naguère faisait trembler
ses voisins, et qui en est maintenant la risée. |
| Toute la nuit l’effervescence est grande dans les alentours
immédiats de la ville. Les gens des murs vont se rallier à Ramboasalama,
en premier ceux d’Amboatany. Le frère d’Andrianjafy, Andriankira
quitte Ambohimanga en catastrophe pour Ilafy, près de son frère.
Ramboasalama, consulté, décide de le laisser partir, c’est son
oncle après tout.
Pendant ces évènements, Andrianjafy est fort occupé à présider
une cérémonie très importante à l’époque, la circoncision. C’est
une des plus grandes cérémonies de ce temps, et celle-ci se déroule
près d’Ilafy. Les conjurés ont bien choisi leur moment pour rendre
Ambohimanga indépendant d’Ilafy. Le roi est bien au courant d’une
vague agitation, mais n’y prête qu’une attention distraite, même
un coup de fusil, tiré d’Ambohimanga, chose rarissime à l’époque
ne l’émeut pas car pense-t-il "un enfant est un enfant, il ne
peut me vaincre, même s’il tire un coup de fusil", ce en quoi
il a tort, son pouvoir est plus menacé qu’il ne le pense.
Un "zoma" vendredi, jour faste, les envoyés d’Andrianjafy chargés
d’occire Ramboasalama, se présentent à la porte d’Ambohimanga.
Celle-ci est fermée, la grosse pierre a été roulée, les gardiens
de cette porte sont armés, même la foule amassée sur les remparts
de défense est armée. Les gardiens interpellent les envoyés d’Andrianjafy
: "où allez-vous?". Confiants dans leur mission officielle, ils
répondent "nous venons mettre à mort Ramboasalama, selon les paroles
de notre roi bien aimé, Andrianjafy". Les gardiens répondirent
"allez- vous -en, et ne parlez pas pour ne rien dire, Ramboasalama
est sous la protection des Avaradrano des deux villages : Amboatany
et Ambohimanga".
Il existe plusieurs variantes à ces faits, mais toutes aboutissent
à la même conclusion, seul le nombre de victimes diffère, entre
deux et vingt qui n’approuvaient pas cette décision, lourde de
conséquence pour leur devenir
Le coup de force.
Maintenant, il n’était plus question de faire
marche arrière, le coup de force se devait de réussir.
Il est donc décidé de convoquer l’ensemble
de la population pour la mettre au courant de la situation et
la convaincre de proclamer Ramboasalama roi d’Ambohimanga.
C’est entouré des notables armés de sagaies
que la foule est fermement invitée à se rallier
à Ramboasalama. "Voici de quoi il s’agit ô
Tsimahafotsy, on veut changer les paroles de votre défunt
roi Andriambelomasina, alors quel est votre avis?"
Ce que veulent les notables c’est une approbation totale
mais malheureusement dans la foule assemblée, un homme
du peuple Ravolana objecte qu’Andrianjafy règne encore,
ici ! Mais aussitôt les sagaies le font taire, il meurt.
Pourtant sur le fond, il a raison, Andrianjafy règne, et
si Ramboasalama doit lui succéder, personne n’a dit
quand…
De toute façon, il est trop tard, les notables se sont
trop engagés pour faire marche arrière. Un autre
homme dans la foule, nommé Rainimany objecte à son
tour "que faire d’Andrianjafy", un coup de sagaie
le rappelle à l’ordre, il ajoute pour avoir la vie
sauve "celui qui règnera, je le servirai".
C’est fini, les habitants de la ville "ambony"
(haute), la ville fortifiée sont ralliés à
Ramboasalama.
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un mythe une légende" |