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Lot K IV 023
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Antananarivo 101

MADAGASCAR
Port.+261 32 05 260 97
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    Antananarivo les 12 collines sacrées

    Ambohimalaza

    1441 m
    latitude 18°546588 sud
    longitude 47° 382830 est
     
    vue panoramique de Ambohimalaza
    En mémoire du 450° anniversaire de la mort Andriantompokoindrindra
    montée sur le rova de Ambohimalaza be
    Fahatsiarovana  Ny faha 450 taona   Lahimatoan'imerina 26/08/2006
    En mémoire du 450° anniversaire de la mort Andriantompokoindrindra 
    montée sur le rova de Ambohimalaza be
    montée sur le rova de Ambohimalaza be
    comme Ambohimanga on retrouve le vavahady la pierre ronde qui fait office de porte
    les tombeaux de notables dont Andriatsonga

    comme Ambohimanga on retrouve le vavahady la pierre ronde qui fait office de porte


    photo de droite:
    "Une autre vue depuis le coin Sud Ouest du Rova. Dans la contribution du Dr Rasamimanana, il est dit que la mère, les épouses et les enfants Andriantompokoindrindra sont ensevelis de part et d'autre de son tombeau.
    Pourtant, au Sud, c'est le tombeau d'Andriantsonga, un des douzes Rayamandreny

    http://ambohimalaza-france.com,

    vue d'ensemble du site d'Ambohimalaza be
    Le tombeau "fasana"sont surmontés d'une case plus petite appelée "Tranomanara" (maison froide) ou "Tranomasina" (maison sacrée).
    A droite du tombeau Andriantompokoindrindra 7 autres tombeaux : sa femme et ses enfants

    A droite du tombeau Andriantompokoindrindra 7 autres tombeaux : sa mère,sa femme et ses enfants

    A droite du tombeau Andriantompokoindrindra 7 autres tombeaux : sa femme et ses enfants
    Andriantompokoindrindra (le roi qui descend du grand homme Ralambo son père d'Ambohidrabiby)qui aurait inventé la trano manara le tombeau "la maison froide"
    Andriantompokoindrindra (le roi qui descend du grand homme Ralambo son père d'Ambohidrabiby)qui aurait inventé la trano manara le tombeau "la maison froide"
    C'est Andriantompokoindrindra, alors prince d'Ambohimalaza, qui fut l'initiateur de cette tradition, "pour que ma tombe ne soit pas foulée aux pieds ou souillée par les chiens" d'après ses propos. Cette coutume ne serait réservée qu'aux seuls descendants d'Andriantompokoindrindra et de son frère Andrianjaka fils de Ralambo
    Andriantompokoindrindra photo http://ambohimalaza-france.com,
    Andriantompokoindrindra photo http://ambohimalaza-france.com,
    sa femme et ses enfants

    Questions à ... Edgard Razafindravahy Edgard Razafindravahy
    “Andriamasinavalona était un Andriantompokoindrindra”
    Un originaire d’Ambohimalaza parle en initié des Andriantompokoindrindra.
    Propos recueillis par VANF 19/082006

    • Les descendants d’Andriantompokoindrindra comptent célébrer le 400ème anniversaire de l’ancêtre commun. Expliquez-nous en la chronologie par rapport à l’histoire.
    - La prise d’Antananarivo par Andrianjaka est communément admise à l’an 1610. Ce que l’histoire officielle n’a pas retenu ce sont les années de règne du frère aîné Andriantompokoindrindra avant qu’il ne renonce volontairement au trône en faveur de son cadet.

    Le rôle d’Andriantompokoindrindra est mitigé dans la tradition populaire. Finalement, le grand public ne sait de lui que son inconséquence à préférer faire mat au "fanorona" à trois contre cinq plutôt qu’à répondre à l’appel de son père.
    - Encore une fois, l’histoire officielle comporte des lacunes. La légende du Fanorona est une métaphore comme en comportent d’innombrables les évangiles. Andriantompokoindrindra et Andrianjaka ont convenu d’un pacte : les épouses royales, celles qui peuvent transmettre le pouvoir, devaient être prises chez les Andriantompokoindrindra. “Ainsi, disait Andriantompokoindrindra, je règnerai en dernier par l’intermédiaire de mes enfants”.

    • On parle très peu des Andriantompokoindrindra. Par contre, on entend beaucoup persifler des "Ambohimalaza". Est-ce la même chose, d’abord ? Et ensuite, l’endogamie est-elle toujours autant pratiquée et beaucoup plus respectée que chez les autres groupes merina ?
    - C’est finalement anecdotique. Tous les groupes dans chaque foko pratiquaient d’abord l’endogamie. C’est valable pour l’Imerina et vérifiable même encore de nos jours chez les tribus côtières. Il ne faut pas oublier que les Andriantompokoindrindra, dont les tombes sont surmontées du "tranomanara", avaient un statut princier. Et tous les groupes à statut princier adoptent la stratégie de l’autonomisation par une endogamie plus ou moins stricte. Même les Andafiavaratra, une fois leur pouvoir bien assis, avaient entamé une endogamie entre cousins germains.

    • Entre l’association des "Jaky Mena" (NDLR : Zanakandriana, Zazamarolahy, Andriamasinavalona) et le groupe des Andrianteloray (NDLR : Andriantompokoindrindra, Andrianamboninolona, Andriandranando), la tradition Ambohimalaza, incarnée depuis un siècle par le livre de Rasamimanana et de Razafindrazaka, prétend autonomiser les Andriantompokoindrindra : cette prétention a-t-elle quelque fondement historique ?
    - Personne ou presque ne sait que le roi Andriamasinavalona était en fait Andriantompokoindrindra de père et de mère. Entre le pacte liant Andriantompokoindrindra et Andrianjaka au XVIIème siècle d’une part et la promulgation du Code des 305 articles en 1881 d’autre part, l’évolution politique n’a pas toujours été favorable aux Andriantompokoindrindra. Si on accepte l’hypothèse de la perte du statut andriana au bout d’un cycle de sept générations, dont auraient été victimes les Antehiroka par exemple, il semble que les Havanandriana rattrapés par ce "deadline" aient eu intérêt à associer aux Andrianteloray les Andriantompokoindrindra, lignage "sursitaire" d’au moins une génération supplémentaire.

    • L’opinion publique, prise à témoin, se gausse de ces tiraillements "pour l’honneur" entre différents groupes Andriana. Y a-t-il un Andriana suffisamment charismatique qui sache rassembler ce qui a une tendance particulière à devenir épars ?
    - La grande question concerne le "hasina" des Andriana, qu’on pourrait approximativement traduire par "légitimité" sans que ce mot en recouvre parfaitement le concept. Sans nécessairement parler d’une restauration monarchique, il convient de " redécouvrir " les valeurs et principes qui avaient abouti à la structure qu’avait réussie à incarner l’État merina des XVIIIème et XIXème siècles. Il ne faut pas oublier que cet État, malgré ses imperfections et ses lacunes, était un interlocuteur des grandes puissances mondiales de son époque. La légitimité serait, déjà, de ne pas avoir honte de cette histoire mais de vouloir l’assumer.

    • A Ambohimalaza, survient ce dimanche le jubilé d’une dame centenaire, Raveloarisoa Madeleine. Qui est-elle ?
    - C’est une grande dame méconnue. Elle a aujourd’hui 101 ans et il n’est que légitime que ses anciens élèves, sinon les Andriantompokoindrindra en général qui s’enorgueillissent de la compter parmi eux, veuillent lui rendre un vibrant hommage de son vivant. Nous voulons rompre avec la manie des décorations et des larmes à titre posthume.

    • On a crû comprendre qu’elle aurait souhaité que l’office religieux se déroule au temple protestant tandis qu’il aura finalement lieu à l’église catholique. Faut-il voir un lien avec le scandale qui a secoué le temple d’Ambohimalaza et qui avait même occasionné sa fermeture ?
    - C’est un épisode tout à fait regrettable que toutes les bonnes volontés s’attèlent à clore au mieux des intérêts d’Ambohimalaza et de la solidarité qui devrait lier toutes les familles concernées.

    • Depuis le général Ramanantsoa (NDLR 1972), on parle souvent des "Anciens de Saint-Michel". Les liens particuliers qu’entretient le régime actuel avec le FJKM, église calviniste, laisse-t-il supposer l’avènement des Anciens du "Sekoly Vinet" ?
    - (Rire). C’est vrai, le président Marc Ravalomanana y avait fait ses études. On compte sans doute un certain nombre d’ "Anciens de Vinet" dans le cercle du pouvoir actuel, mais il me semble encore prématuré de tirer déjà les conclusions d’une histoire en marche. Laissons le temps et les circonstances nous fournir la réponse.

    pierre aux sacrifices

    "Au pied du mausolée, à l'ouest, est érigé une pierre (phallus) au milieu d'une cour de 15 mètres et large de 8 mètres.
    Par la suite, chaque fois qu'une femme donnait le jour à un enfant, tous les enfants venaient danser an rond autour de la pierre pour remercier les ancêtres"

    http://ambohimalaza-france.com

    pierre aux sacrifices

    ANDRIAMASINAVALONA ET LES ANDRIAMASINAVALONA

    par Jean-Pierre Domenichini 19 février 2007
    Membre titulaire de l’Académie Malgache

    Quels andriana étaient Andriamasinavalona au 19e siècle du temps de la royauté? Il y avait évidemment des descendants de ce grand roi, mais pas tous. Pour le ventre de l’Imerina, il y avait, depuis Andrianampoinimerina, des Andriantompokoindrindra, des ZanadRalambo et les Andrianentoarivo du Vonizongo, et peut-être d’autres. Il y avait les andriana de l’Andrantsay, les grands Hova d’Avaratr’i Mania, des Betsimisaraka, des andriana d’un peu partout. Il y eut évidemment tout le monde s’en souvient cet ingénieur de Ranavalona ire que fut Jean Laborde. C’est un fait que ce statut ne regroupait pas uniquement des descendants de l’ancêtre éponyme. Qui étaient-ils donc? Face aux discussions qui ont lieu aujourd’hui, c’est un petit point d’histoire sur lequel il convient de se pencher pour diriger l’éclairage sur le fonctionnement de l’appartenance à ce groupe célèbre dans l’histoire récente de Madagascar.
    L’on est actuellement bien obligé de constater que l’exil de la Reine en 1897, l’abolition de ce que Gallieni appelait la « féodalité », et un siècle d’éducation républicaine n’ont pas réussi à effacer des mémoires les anciennes structures hiérarchiques dans la société malgache. Dans le conflit des cultures que Madagascar a vécu depuis le 19e siècle, la culture politiquement dominante, malgré plus d’un siècle de domination, n’a pas réussi à effacer dans la vie quotidienne les modèles de la culture politiquement dominée, tant il est vrai que les cultures, quelles qu’elles soient, ont la vie dure et ne sauraient prendre immédiatement acte d’une défaite militaire. Dans le passé déjà, la culture malgache avait bien emprunté, assimilé et adopté certains traits de la culture arabe, mais avait réussi sur le fond à se préserver du projet d’arabisation de civilisation qui était aussi celui du monde musulman.
    L’école missionnaire puis républicaine et l’ensemble des médias coloniaux ont toutefois instauré une méconnaissance de l’ancienne culture et des principes qui régissaient le fonctionnement social. Les disputes qui ont parfois lieu aujourd’hui témoignent de cette méconnaissance, notamment dans les questions qui réglaient l’ordre hiérarchique. Et les réponses qui leur sont données sont parfois d’autant plus éloignées de la compréhension de ce qu’était l’ancienne société qu’elles n’ont plus actuellement d’effectivité, du moins dans le domaine des lois civiles. Il en est ainsi des rapports que ceux de leurs descendants qui sont occidentalisés entretiennent avec leurs ancêtres royaux, comme dans le cas des descendants d’Andriamasinavalona. Comme le caméléon qui regarde vers l’arrière avant de concevoir son avenir, il faut se tourner vers l’histoire pour comprendre le présent. C’est ce que nous allons faire maintenant.
    DES MODÈLES FRANÇAIS ET MALGACHE
    À l’école, les enfants que furent les septuagénaires d’aujourd’hui, ont assimilé ce qu’était le fonctionnement de l’Ancien Régime français avec ses conséquences dans la société contemporaine. Dans ce modèle, la succession royale est comprise selon une conception qui valorise la primauté du sang. Et beaucoup ici ont oublié ou ne savent pas que les anciennes conceptions malgaches n’accordaient aucune primauté au sang au profit du hasina. Elles n’auraient pas su traduire en malgache le dicton français qui dit que « Bon sang ne saurait mentir » ; ou, même faite, sa traduction n’aurait rien évoqué dans le monde de la culture malgache et aurait été incompréhensible à qui ne serait pas un habitué de la culture française. Dans la culture malgache, le sang d’homme (ran’olona) se distinguait bien du sang des animaux, comme par exemple du sang de poulet (ran’akoho) ; mais l’on ne concevait pas l’existence d’une sorte de sang particulier, comme en France le « sang bleu », qui aurait distingué une catégorie d’hommes. Tous les hommes avaient le même sang qui, selon les conceptions de la création de l’homme de la Genèse ou Genesisy qu’avaient transmise les Ntaolo, venait du Ciel et de Zanahary, le Dieu du monde céleste. Comme le rappelle la tradition d’Ambohimalaza, le sang du roi Ralambo ne se distinguait pas de celui de ses angaralahy ou tandapa qui le servaient dans son palais.
    Dans le modèle français, la succession royale est réservée aux garçons par ordre de primogéniture. Par suite, beaucoup à Madagascar ont oublié l’importance des femmes dans la succession à tout fanjakana, qu’il soit royal ou princier et seigneurial. Pour sa succession, un roi ou un seigneur pouvait émettre des préférences, mais il ne pouvait annuler l’ancien principe selon lequel ny amin’ny zanak’anabavy tsy very ariana ny amin’ ny fanjakana. Concernant les enfants de sœurs, il ne pouvait, par un rejet, les déposséder de cette succession dont ils étaient les héritiers préférentiels. Et si le fils d’un roi succédait à son père, c’est que sa mère lui en avait transmis le droit. L’on est bien loin d’un modèle qui aurait évoqué les conceptions françaises.
    Dans le modèle français toujours, outre les Capétiens dont le grand ancêtre, Hugues Capet, avait été élu roi de France en 787, les plus grandes familles de l’aristocratie une douzaine au total font remonter leurs généalogies jusqu’à l’époque carolingienne. Elles bénéficiaient dans la société d’une autorité et d’un prestige plus grands que celles qui avaient été fondées, par exemple, au temps de la croisade des Albigeois au 13e siècle par un chef militaire ou, à un autre moment, par l’achat d’une terre noble par un bourgeois enrichi. Plus l’ancêtre fondateur était ancien et plus la famille était illustre et célèbre, ce qui était le sens du mot latin nobilis, d’où provient le terme de « noble ».
    À cet égard, le modèle malgache est tout à fait différent. Si l’on prend la hiérarchie du 19e siècle, il est évident qu’un Andriamasinavalona tient de l’ancêtre Andriamasinavalona, qui régnait à la fin du 17e siècle et au début du 18e siècle, un rang plus élevé et plus honorable qu’un ZanadRalambo dont l’ancêtre régnait dans la seconde moitié du 16e siècle. Ce qui situe la supériorité d’un statut sur un autre, c’est la plus grande proximité généalogique, réelle ou politique, au roi le plus récent. Et les andriana de la période antérieure, comme les Andrianakotrina ou les Andriamanangaona, ou bien avaient été assimilés au groupe des ZanadRalambo ou bien avaient été réunis sous l’appellation de Roandriana, qui les anonymait.
    CASTES FERMÉES OU STATUT OUVERT?
    Ce qui, pour beaucoup, gêne aussi la compréhension de la société ancienne, c’est l’existence d’un vocabulaire employé par la science coloniale qui utilise des mots qui doivent péjorer les réalités malgaches et les renvoyer à des sociétés de type primitif. Il en est ainsi du terme de « tribu » qui n’a aucune légitimité scientifique. Il désigne, comme dans la Bible pour le peuple d’Israël ou comme en Australie ou dans de nombreuses régions d’Afrique, un ensemble de gens qui se reconnaissent descendre d’un ancêtre commun, ce qui n’est le cas d’aucune des populations régionales de Madagascar. Il en est de même du terme de « caste » utilisé au départ pour désigner une réalité de la société indienne. Dans celle-ci, la caste est un groupe endogame à qui est confiée une fonction dans la société et qui définit cette fonction par des attributions dans le système religieux en usage. L’intermariage, voire de simples relations sexuelles, entre personnes de castes différentes y est strictement interdit, et quiconque transgresse cette interdiction est rejeté du système social et tombe dans le groupe des parias, lesquels sont totalement hors castes. La caste est donc un groupe hermétiquement fermé, depuis ce qui est conçu comme les temps originels et pour toute l’éternité. Aucune décision humaine n’y pouvait rien changer.
    Rien de tel n’a jamais existé à Madagascar. Les différents statuts se présentent comme des groupes ouverts auxquels, par décision royale ou seigneuriale, peuvent être adjoints et intégrés des personnes ayant auparavant un autre statut, ou dont, par condamnation, peuvent être retranchées des personnes originellement membres du groupe. Le souverain agit alors comme tompon’ny razana, « maître des ancêtres ». Il peut interdire à une famille ou à tout un groupe de continuer à rendre un culte à des ancêtres bien connus et, parfois pour les éloigner des lieux de sépulture ancestraux, des pierres levées (tsangambato) et des lieux-dits qui rappellent l’histoire des ancêtres, il peut les déporter vers une autre région. En la matière, la politique de Radama ii se distingua de celle de ses prédécesseurs, ayant dès le début de son règne proclamé : « Izaho Andriana tsy mahavery razana ». A la différence de ceux de ses prédécesseurs qui avaient été des Andriana nahavery razana, il se voulait le souverain qui ne ferait pas perdre leurs ancêtres à ses sujets. Et beaucoup d’andriana qui avaient été autrefois rabaissés (naetry), vinrent alors lui demander de leur reconnaître le statut que leurs ancêtres avaient eu et qu’ils avaient perdu. Le plus souvent, il leur reconnut leur qualité andriana, mais ne les exempta pas des formes de la corvée royale qu’ils avaient un temps effectuée comme simples sujets ou folovohitra.
    Lorsque le souverain accordait le statut andriana, ou quand il le retirait, il agissait en tant que tompon’ny razana, mais aussi en tant que chef d’une grande famille. Le retrait du statut andriana pouvait concerner des groupes entiers, lorsque était mise en pratique la mobilité hiérarchique. On se contente souvent de croire que, partie de rien, l’organisation de la société merina fut l’œuvre de Ralambo et qu’elle fut ensuite modifiée par Andriamasinavalona, n’accordant à cette modification qu’une importance mineure. Or, ce faisant, Andriamasinavalona appliquait une des règles de fonctionnement de l’organisation hiérarchique qui voulait que le nombre des andriana qui, idéalement avec leurs Tandapa mainty, vivaient du travail du peuple, n’imposât pas à ce même peuple une charge insupportable. Aussi, régulièrement, quand la nécessité s’en faisait sentir et qu’un souverain était suffisamment puissant pour le faire, un nouveau groupe comprenant ses proches parents était surimposé à ceux qui existaient déjà et le groupe le plus bas de la hiérarchie andriana rejoignait les folovohitra. Andriamasinavalona, quant à lui, avait été suffisamment puissant pour mener à bien l’opération.
    C’est un fait qu’ignorent totalement l’histoire officielle reconnue par la Cour au 19e siècle et les traditions recueillies par le P. Callet dans le Tantara ny Andriana eto Madagascar, publié à partir de 1873. Le déclassement d’un groupe lui interdisait de rappeler son histoire. Elle n’était donc plus affichée publiquement, mais elle pouvait être conservée au sein des familles comme un bien lova secret. Les enquêtes faites montrent à l’évidence que ces groupes anciennement andriana sont fort nombreux. J’ai même retrouvé, il y a deux décennies, les descendants des andriana qui occupaient le sommet d’Ambohitrikanjaka, aujourd’hui tanan’haolo. Ce sommet, l’un des plus élevés dans la région proche d’Ambohimalaza, puisqu’il culmine à 1.507 m dépassant Ialamanga de 35 m, est bien un site andriana avec ses fossés et ses murailles utilisant des blocs de quartz (vatovelona), et surtout ses tombeaux à l’intérieur des fossés. Ses habitants furent contraints de déguerpir et furent installés à une quarantaine de kilomètres à l’est près de Manjakandriana. Il y a deux décennies, un octogénaire de ce dernier lieu d’installation racontait à son petit-fils, étudiant à l’Université, qu’ils étaient andriana et que les ancêtres habitaient un sommet qu’il situait parfaitement. Le petit-fils n’y voyait qu’une simple prétention relevant du domaine de la seule imagination ! En fait, le grand-père gardait en mémoire ce qui s’était passé quatre siècles plus tôt. Et ce cas est loin d’être unique.
    QUI SONT LES ANDRIAMASINAVALONA?
    Les Andriamasinavalona sont donc présentés comme étant tous les descendants de ce très grand roi. En fait, il faut nuancer cette affirmation et ne pas la comprendre selon le modèle de la filiation légitime bien connue du droit français dans le code civil de Napoléon ier. Ce qui joue en premier, ce n’est pas une forme du droit du sang, mais celui de l’alliance. Les parents des douze femmes d’Andriamasinavalona et leur descendance avaient, selon leur importance dans la société, soit le statut de Zazamarolahy, soit celui d’Andriamasinavalona.
    Il faut également bien voir que, dans sa descendance naturelle, il en était qui avaient au 18e et au 19e siècle le statut de Zanak’Andriana ou celui de Zazamarolahy. Dans sa descendance immédiate, en effet, certains de ses enfants formèrent d’abord les lignages royaux des quatre royaumes issus de l’Imerina efa-toko réunie par ce puissant souverain. Ces lignages comportaient des Andriamanjaka, des Zanak’Andriana et des Zazamarolahy ou leurs équivalents. Ce sont les autres enfants d’Andriamasinavalona qui sont à l’origine du groupe de statut andriamasinavalona. Encore faut-il se souvenir que ce roi eut sans doute des enfants de femmes qui n’étaient pas andriana et dont la progéniture suivait le statut de la mère et n’était donc pas andriana.
    Par la suite, tous les Andriamasinavalona ne furent pas, nous diraient les biologistes, des descendants de ce roi. Au moment de l’unification du royaume dans ce qui devint l’Imerina enin-toko, Andrianampoinimerina accorda le statut andriamasinavalona et des terres menakely et lohombitany exemptes d’impôts–, à ceux qui l’avaient aidé dans la conquête. Ces terres étaient concédées pour que les bénéficiaires en vivent et s’y fassent ensevelir (tany ivelomany sy ilevenany). On connaît bien le cas des Andriantompokoindrindra, ZanadRalambo ou ZanadRambavy, qui devinrent des seigneurs andriamasinavalona dans le Nord-Est de l’Imerina. Ces concessions impliquaient qu’ils renonçaient à leur ancien statut et aux droits fonciers qu’ils pouvaient avoir détenus dans leur ancien établissement. Pour l’aide plus que précieuse qu’ils lui avaient apportée, Andrianampoinimerina proposa aux Tsimahafotsy et aux Tsimiamboholahy, ou du moins à certains Grands d’entre eux, de retrouver leur ancien statut andriana et de devenir andriamasinavalona, mais ceux-ci refusèrent. On comprend qu’ils aient préféré continuer à détenir le pouvoir économique des Hova et folovohitra, qu’ils l’aient préféré au pouvoir religieux et politique des andriana, le pouvoir exécutif et administratif étant alors entre les mains des Mainty enin-dreny. On comprend aussi que ces grands Hova un petit nombre de familles descendants des anciens rois de l’époque antérieure à Andrianjaka aient préféré garder leur rôle de concepteurs de l’administration et de membres de l’entourage royal selon le principe Ny Andriana manjaka, ny Hova mitondra.
    Il faut comprendre aussi qu’il s’agissait, dans l’organisation des royaumes, d’un statut politique qui fut adapté aux nécessités de l’unification des terres et des seigneuries initiée par Andrianampoinimerina. Lors de la réunion du Vonizongo au royaume, les descendants d’Andrianentoarivo qui avaient des principautés ou des seigneuries dans cette région, furent dotés du statut andriamasinavalona avec cette différence, dans ce cas, qu’ils n’avaient pas le droit d’édifier de trano manara sur leurs tombeaux. Sans doute cette « différence » ne fut-elle pas comprise comme une amputation, mais plutôt comme le respect de la coutume d’Andrianentoarivo. Issu de la parenté collatérale d’Andriantompokoindrindra, Andrianentoarivo n’était pas un descendant de ce dernier ni d’Andrianjaka. Autorisé par Andrianjaka à se constituer un fanjakana dans le Vonizongo, il ne pouvait lui être vraiment un égal ; il n’avait que dix conseillers et non douze, et n’avait pas le droit d’ériger une maison sacrée sur son tombeau. Les phénomènes de segmentation des fanjakana s’accompagnent toujours de sortes de diminutions imposées aux nouvelles seigneuries, comme on peut l’observer lorsque l’on étudie la hiérarchie des tranobe du pays antambahoaka.
    Pour l’ordre hiérarchique de référence, il en fut de même pour les autres régions qui acceptèrent de reconnaître l’autorité d’Ambohimanga et d’Antananarivo. Ainsi, dans la région du Vakinankaratra qui s’étendait jusqu’à la Matsiatra, y avait-il de nombreux Andriamasinavalona qui avaient précédemment appartenu au groupe hovabe du Betsileo. Beaucoup portaient des noms commençant par Raoni et se terminant par arivo, ce qui indiquait bien leur qualité antérieure.
    Hors d’Imerina, les souverains qui se reconnaissaient les enfants d’Ambohimanga et d’Antananarivo, recevaient la qualité et le statut de Zanak’Andriana et les seigneurs la qualité et le statut andriamasinavalona. Ce ne fut pas seulement le cas en Imamo et dans l’Andrantsay. Et aujourd’hui encore, beaucoup de familles de la périphérie, de l’Anindrana disait-on dans une compréhension strictement géographique, conservent des archives où est reconnue la qualité andriamasinavalona de leur(s) ancêtre(s) ce qui avait été soigneusement tu pendant la période coloniale et les deux premières républiques, dans un temps où il n’était pas recommandé de présenter des origines aristocratiques en Imerina et de remettre en cause les tribus et castes dont la colonisation avait fait les bases de son système politique.
    On sait pourtant que, dès Andrianampoinimerina, étaient mises en œuvre des sortes d’équivalences. Ainsi Andriamahazonoro, qui venait de Vohipeno en pays antemoro et qui y était de statut anakara, fut-il intégré au groupe andriamasinavalona sans restriction : son tombeau à Ankadivato à Antananarivo est surmonté d’une trano manara. Son mariage en Imerina et les choix que firent ses descendants font qu’aujourd’hui ceux-ci peuvent être considérés tantôt comme andriamasinavalona, tantôt comme andriantompokoindrindra, ou encore comme andriandranando.
    Si la mémoire collective se souvient toujours que Jean Laborde fut fait andriamasinavalona par Ranavalona I°, c’est à tort qu’elle penserait que le cas fut exceptionnel ou unique et que seuls les sentiments de la Reine en étaient l’explication. Le cas n’est d’ailleurs pas le premier. L’on connaît bien celui de Nicol (ou Lambros Nicolos selon son nom grec). Commerçant installé dans l’Est de l’île, il participa à la conquête de la région de Mananjary sous le règne de Radama ier et fut à la fois, cas relativement rare, officier (Manamboninahitra 10 Voninahitra à une époque où la hiérarchie militaire ne comprenait que douze honneurs) et Andriambaventy, chef (Lehibe) des Andriambaventy de la Mananjara. Nicol fut très apprécié de Ranavalona et celle-ci lui fit faire des funérailles exceptionnelles lors de son décès en 1842.
    Sous le règne de Ranavalona 1°, les étrangers qui étaient sujets de la Reine et qui suivaient la loi malgache, étaient relativement nombreux. Des Arabo, des Silamo, des Karana, des Vazaha ou Européens et des Kiriolona ou Créoles avaient accepté de faire la corvée royale (fanompoana), mais beaucoup d’entre eux, qui étaient de grands commerçants, avaient le statut d’Andriamasinavalona et faisaient une corvée à la mesure de leurs moyens et, étant andriambaventy pour certains d’entre eux comme Nicol, avaient à rendre la justice. Quand, à Majunga, la Reine avait besoin de dépêcher des hommes à Fort-Dauphin, les Silamo andriamasinavalona de la ville mettaient un de leurs bateaux à sa disposition pour cette mission. C’était une façon élégante de faire une part de fanompoana. Un autre de ces Grands du Royaume, Napoléon de Lastelle, qui, pour ses industries du sucre et du rhum, était l’associé de la Reine, acheta et importa les fusils dont elle avait besoin, et ce au moment même où les menaces françaises se faisaient pressantes.
    Ajoutons encore que les détenteurs de fanjakana avaient eux aussi la possibilité d’intégrer des personnes au groupe andriamasinavalona par un rituel d’adoption demandée à leurs ancêtres et dans les limites imposées par le souverain ; c’est ainsi que dans la seconde moitié du 19e siècle, il leur était interdit d’adopter des ZanadRalambo ce qui interdisait à ces derniers de se maintenir dans le groupe andriana à un niveau supérieur et les préparaient à leur intégration au statut des folovohitra. Mais tous les Andriamasinavalona ne pouvaient user de cette prérogative, seuls ceux qui avaient un fanjakana le pouvaient. C’est là qu’apparaît une différenciation, à l’intérieur du statut, entre ceux qui avaient hérité d’une seigneurie et ceux qui en avaient été écartés. C’est sans doute sur ce point que l’on distinguait à l’intérieur du statut ceux qui étaient communément appelés non pas Andriamasinavalona mais Zanamasy et qui respectaient l’interdit de la chèvre (fady osy), et peut-être ceux qui, comme le souverain et sa proche parenté, ne faisaient pas de famadihana et ceux qui, comme le peuple, en faisaient. On voit bien que l’on ne peut donner du statut andriamasinavalona une définition simple et lapidaire.
    Il en était de même à l’intérieur du statut andriana. Au 19e siècle, la Cour distinguait
    1. l’Andriana, le seul, le vrai, qui était le souverain,
    2. les Andriana, Teraky Tranofohiloha, c’est-à-dire les Zanak’Andriana, les Zazamarolahy, les Andriamasinavalona et les Andriantompokoindrindra, et
    3. les Havan’Andriana, c’est-à-dire, les Andrianamboninolona, les Andriandranando et les ZanadRalambo.
    L’existence du groupe des Andrianteloray variable selon les époques obligeait encore à modifier cette nomenclature. Et, en dehors de la liste officielle des rangs andriana, il ne faut pas oublier non plus ceux qui avaient certains privilèges en commun avec ce statut andriana et qui étaient dits Havako hoy ny Andriana.
    On le voit, la formation et l’organisation de l’ordre andriana est fondamentalement de nature politique. Chaque rang dans cet ordre est en rééchelonnement intérieur permanent, tant il est vrai que la distinction est un souci constant des personnes vivant dans la culture malgache. Le verbe miavaka revient sans cesse dans les enquêtes de tradition orale, notamment dès qu’il s’agit de fomba. Pour celles-ci, chaque groupe tient à se distinguer de ses voisins, même si, à l’étude, ses us et coutumes apparaissent bien semblables. Dans la hiérarchie andriana, on voit cette préoccupation nettement se manifester au 19e siècle, quand certains Zanak’Andriana portent en outre le titre de Printsy qui, d’une certaine façon, manifeste bien la connaissance que la classe dirigeante malgache avait des réalités européennes. Dès le règne de Rabodonandrianampoinimerina, son fils Rakotondradama portait celui de « Prince », le mot ayant été emprunté sans malgachisation.
    Par la suite, pour le titre de Printsy, ce fut le cas, par exemple, de Rajoaka ou Rajoakarivony d’Ambohidrabiby, qui était le petit-fils d’Andrianampoinimerina et de Rasendrasoa. Selon la titulature officielle, il est dénommé Rajoaka Printsy Zanak’Andriana 13 Vtra OffDP, cette dernière qualité d’Officier du Palais lui donnant un accès direct au souverain du moment. Seigneur d’Ambohidrabiby, son fils Barthélemy Rabemaso, qui était le neveu de Rasoherina et avait été élevé avec Razafindrahety, la future Ranavalona 3°, était le premier Zanak’Andriana du Mandiavato au moment de la conquête française et portait également le titre de Printsy. Tout se passe comme si une petite partie des Zanak’Andriana se distinguait des autres membres de ce rang par un nouveau titre.
    Le groupe andriana du haut n’avait pas cette rigidité structurale par laquelle on veut souvent le définir. Comme dans les sociétés austronésiennes d’Asie du Sud-Est, il s’agit d’une hiérarchie molle, malléable et en perpétuel réaménagement. Établir les généalogies comme on le ferait aujourd’hui dans un registre d’état civil ne renseignerait pas sur toutes les questions que pose l’examen de l’histoire. La seule généalogie ne permettrait pas de dire que telle famille de Zanak’Andriana au 19e siècle était écartée de l’exercice du pouvoir souverain : ayant reçu le « privilège » de porter elle-même ses défunts dans le tombeau ancestral sans avoir à faire appel à des ray aman-dreny du peuple, elle était donc normalement souillée par ce contact avec les morts et ce n’est qu’amputée qu’elle conservait, en commun avec le souverain, sa qualité de maîtresse de la vie.
    LES ANDRIAMASINAVALONA AUJOURD’HUI
    Qui sont aujourd’hui les Andriamasinavalona? Ils continuent à bénéficier dans toute l’île d’un prestige et d’une autorité incontestée, même si, fin 19e siècle, la Cour considérait ceux qui n’avaient pas eu de fanjakana en héritage comme de simples mpanatanteraka, des agents d’exécution de la politique royale, et avait fait de beaucoup d’entre eux des manamboninahitra envoyés dans les provinces pour manifester la présence royale.
    En milieu malgache au cours du 20e siècle, ils ont formé le rang supérieur de l’ancien ordre andriana, puisque, par la disparition de la royauté, les deux rangs Zanak’Andriana et Zazamarolahy ont de fait disparu. C’est le souverain qui décidait de l’appartenance à ces deux rangs, la même personne pouvant d’ailleurs être Zazamarolahy dans un toko d’Imerina et Andriamasinavalona dans un autre toko. Faut-il aussi rappeler qu’au temps de la royauté déjà, dans une fratrie – c’est-à-dire des frères et sœurs iray tampo de même père et de même mère –, seul l’un d’entre eux pouvait par décision royale détenir le titre de Zazamarolahy qu’avait porté le père? Les descendants des détenteurs de ces titres se sont donc fondus parmi les Andriamasinavalona.
    Autre fait important, ils ont, au cours du 20e siècle, assuré l’unité et ce qui pourrait bien apparaître comme la colonne vertébrale de l’ancien ordre andriana. En effet, ils ont alors abondamment utilisé le privilège qui leur était reconnu du milomano amin’Imerina, d’avoir le droit de nager dans l’Imerina – un droit qui leur permettait de s’allier avec les personnes des autres statuts reconnus dans la société. C’est ainsi que, par mariage, ils ont intégré de nombreux Andrianteloray à qui la royauté avait imposé le privilège du lova tsy mifindra, c’est-à-dire du mariage endogamique. De la même manière, ils ont intégré de nombreux ZanadRalambo, alors qu’au 19e siècle, ces derniers avaient été comme enfermés dans leur rang, préparant alors les mesures qui auraient entraîné leur écartement définitif de l’ordre andriana.
    Ils ont aussi poursuivi la pratique des alliances avec les Grands des Tsimahafotsy et des Tsimiamboholahy, comme cela se faisait à la Cour des dernières reines. Ce faisant, au 20e siècle, ils ont assuré sociologiquement le maintien du groupe qui dirigeait le Royaume dans la seconde moitié du 19e siècle.
    On le sait, les sociétés créent et mettent en branle des mécanismes pour se reproduire. Dans le cas qui nous occupe, la société malgache a bien été obligée de s’adapter aux conditions que lui imposait la pression coloniale. En dehors du système des alliances dans un ensemble social qui déborde largement le système établi au 19e siècle, en dehors de la considération et de la renommée qui lui viennent de son ancêtre éponyme, ce groupe, que garde-t-il en héritage de son ancienne fonction seigneuriale? Qu’en est-il du ministère qu’il assumait auprès du peuple dans la société d’hier?
    À cet égard, alors que l’abolition de la « féodalité » un terme bien impropre pour caractériser l’ancien système malgache leur a fait perdre leurs anciens fanjakana, on peut se demander si, dans la nouvelle société, l’on ne peut pas distinguer aujourd’hui les Andriamasinavalona des champs et les Andriamasinavalona des villes. De nombreux Andriamasinavalona de la campagne ne se distinguent pas par leurs « signes extérieurs de richesse », de l’ensemble de la population paysanne, si ce n’est, parfois, parce que leurs maisons ont une varangue comme dans le Vonizongo. Tompon’ny aina comme leurs ancêtres, ils continuent à se préoccuper des conditions de santé et de vie– dans ce monde-ci et dans celui de l’au-delà des habitants de leurs petits pays, souvent une partie de la seigneurie d’un de leurs ancêtres. Les Andriamasinavalona des villes, quant à eux, et quand ils n’ont pas choisi de changer de seigneurie (mifindra vodivona) en s’établissant dans les pays riches au delà des mers, se sont souvent fondus dans les nouvelles institutions politiques et économiques, beaucoup dans une position de mpanatanteraka.
    Un certain nombre, revenus à la campagne après une carrière nationale et soucieux des adidy ancestraux, se sont mis au service de leur commune, soit dans le cadre d’une Ong, soit dans celui d’un mandat électif que les électeurs leur confient préférentiellement, tout comme ceux-ci continuent à demander santé et bénédictions de toutes sortes aux tombeaux, pierres saintes et doany des anciens seigneurs – et ce parfois au grand dam d’Andriamasinavalona chrétiens qui voudraient interdire ces pratiques « païennes ». D’autres, ayant su adapter les conceptions ancestrales au monde dit moderne, se sont consacrés aux nouvelles professions de la santé ou de la religion et sont médecins, pharmaciens, prêtres ou pasteurs, comme d’autres autrefois se formaient pour être ombiasy. Quelques-uns, étendant leur autorité sur des populations allant d’une dizaine de personnes à quelques milliers, se sont recréés des fanjakana à la mesure de ce monde moderne, en fournissant du travail et des salaires, et en vivant des revenus de leurs entreprises qui tiennent lieu des diverses redevances dont vivaient autrefois les seigneurs. J’en connais qui, fidèles au hasina dont ils ont hérité, sont moins animés par la volonté de faire suer le burnous que d’assurer des conditions de vie décentes à leurs salariés, créant au besoin au sein de leur entreprise la crèche qui accueillera les nouveau-nés de leurs employées. S’il s’agit bien d’innovations, il est pour le moins certain qu’elles suivent les orientations que connaissait et valorisait le passé, et qu’elles les mettent en mesure, sans avoir fait une quelconque École d’administration, de prendre leurs responsabilités dans la vie de la cité, comme auraient dit les Grecs ou les Romains de l’Antiquité. Autour de moi, s'il en est qui se débattent pour préserver et faire respecter le renom du statut ancestral, j’en connais quelques-uns qui sont de bons républicains et qui ont œuvré, sous le régime socialiste et dans des circonstances parfois difficiles, à ré-instaurer les conditions d’une vie démocratique.

    D’évidence, ces quelques considérations sont celles de l’histoire et d’un historien. Il serait très intéressant de mener une enquête approfondie pour déterminer comment tous ces Andriamasinavalona se conçoivent eux-mêmes, quel rôle ils attribuent à leurs ancêtres dans le passé, quel rôle ils se donnent à eux-mêmes dans la société d’aujourd’hui et quelles responsabilités ils entendent assumer pour justifier le Tsarava Tompoko, quand ils continuent à le revendiquer. À en juger par les étudiants qui ont mené à bien leur cursus universitaire et par ce que l’on peut lire sur certains sites internet, on peut croire qu’il y aura sans doute de jeunes intellectuels malgaches qui, bientôt, abandonneront les préjugés péjorants du discours colonial et se détermineront à faire ce travail et à poursuivre cette réflexion, voire à la corriger, car, dans ce domaine des « sciences molles » que sont les sciences politiques, c’est de la discussion et du contrôle social sur les travaux scientifiques que surgit la vérité.

    vue sur Antananarivo de Ambohimalaza
    vue sur Antananarivo de Ambohimalaza
    En 1610, le fils du roi Ralambo, le nommé ANDRIANJAKA
    frère cadet d'Andriantompokoindrindra s'empara de la colline d'ANALAMANGA et en fit la capitale de ses états. Avant de régner et du vivant de son père Ralambo, ce prince avait contribué à l'extension du royaume de l'IMERINA, nom donné par son père (le nom de capitale "Imerimanjaka" ayant été utilisé pour la première fois par sa grande aïeule la reine RANGITA)..
    Il réussit à s'emparer de la Cité des VAZIMBA car ces derniers ne possédaient que des sagaies à la pointe d'argile durcie qui ne faisaient pas le poids devant les armes en fer et les premiers fusils que le prince avait achetés à des marchands ambulants venus faire du commerce à l'intérieur de l'île.

    La plupart des habitants de la colline bleue, Analamanga, se rendirent devant la supériorité des forces d'en face, et Andrianjaka, pour gagner le coeur de ses nouveaux sujets, combla d'honneur les familles les plus marquantes et, en particulier, celle d'Andriampirokana connue sous le nom d'ANTEHIROKA.

    Il accorda à cette famille le privilège d'inaugurer tout ce que le roi entreprenait et de présider à la circoncision des jeunes fils de rois. Ces honneurs ont été transmis à ses descendants. Il éloigna cependant, par précaution de sa cité, des personnages influents comme ANDRIAMBODILOVA, fils d'ANDRIAMPIROKANA.

    Le nouveau roi ne se contenta pas d'honorer les vivants: il rendit aussi aux morts les plus grands honneurs et c'est alors que commença le culte rendu aux mânes des Vazimba. Le tombeau d'Andriampirokana à Antananarivo (dont le tombeau se trouve sous l'actuel Palais d' Andafiavaratra ou Palais du Premier ministre Rainilairivony), et peu après celui d'Andriambodilova à Ambohimanarina (époux de la célèbre ondine RANORO qui habite le lac d'Andranoro à Ambohibao) et celui d'Andriantsimandafikarivo à Ambohitriniarivo devinrent des lieux de pélérinage.

    Tous les différents rois qui se sont succédés à Antananarivo rendirent aux mânes de ces rois Atehiroka le même culte qu'à leurs propres ancêtres, et offrirent en sacrifice un boeuf "volavita" (de couleur rouge et blanc) pour obtenir leurs faveurs. Ce culte rendu aux Vazimba dura quelques siècles, mais quand ANDRIANAMPOINIMERINA régna vers la fin du XVIIIème siècle, il trouva que ces Vazimba étaient trop éloignés dans le temps et il orienta son peuple vers les ancêtres royaux plus proches.

    "Je me rappelle mes ancêtres", déclara-t-il à son peuple réuni, "car je suis le maître de la terre. Je suis le descendant des douze rois mes prédecesseurs, et ceux qui ne respectent pas mes ancêtres seront mis à mort".

    Ce culte à rendre aux mânes des ancêtres royaux qui reposent sur les douze collines "SACREES" fit l'objet d'une tradition nouvelle observée à partir du règne d'Andrianampoinimerina, tradition à respecter au moment de la période du Bain royal (appelé "FANDROANA" à la nouvelle lune du Nouvel An malagasy). Ses douze épouses devaient se rendre chacune sur chaque colline sacrée, pour présider les cérémonies de sacrifice des boeufs, y distribuer la viande et faire des prières en invoquant le nom des collines à commencer par Ampandrana, Imerimanjaka, Alasora, Ambohitrabiby, Antananarivo, Ambohimanga, Ambohidratrimo, Ilafy, Namehana et d'autres collines sacrées.

    La dynastie des Andafiavaratra (les descendants d'Andriantsilavonandriana et de Rainiharo) avaient du sang vazimba dans leurs veines, et le terrain sur lequel est érigé l'actuel Palais du Premier Ministre d'Andafiavaratra appartenait à Andriampirokana.

    A ce culte des ancêtres royaux s'ajouta aussi celui rendu aux IDOLES royales, et c'était cette forme de religion que tous les souverains après Andrianampoinimerina héritèrent jusqu'à l'adoption du christianisme par la reine RANAVALONA II et le Premier Ministre & Commander in Chief RAINILAIARIVONY, son époux en 1869.

    En mémoire du 450° anniversaire de la mort Andriantompokoindrindra
    En descendant sur la RN 2 sur votre droite la colline territoire des Andrianandrintany
    cimetière d'Ambohimalaza avec une multitude de tombeaux tous descendants de Andriantompokoindrindra

    En face d'Ambohimalazabe Antampon'Ambohimalaza.

    cimetière d'Ambohimalaza avec une multitude de tombeaux tous descendants de Andriantompokoindrindra

     

    on retrouve le traditionnel vavahady la pierre ronde qui fait office de porte
    on retrouve le traditionnel vavahady la pierre ronde qui fait office de porte
    En face la colline et son rova tombeau de Andriantompokoindrindra
    Ambohimalazabe vue d'Antampon'Ambohimalaza
    un fossé entoure le sîte
    un fossé entoure le sîte
    un fossé entoure le sîte
    un fossé entoure le sîte
    prés de 400 tombeaux sur le sîte d'Ambohimalaza
    Une forêt de tombeaux sur la nécropole d'Ambohimalaza
    les anciens côtoient les plus jeunes
    les anciens côtoient les plus jeunes
    les anciens côtoient les plus jeunes
    les anciens côtoient les plus jeunes
    les anciens côtoient les plus jeunes
    les anciens côtoient les plus jeunes
    les anciens côtoient les plus jeunes
    détail d'une serrure
    détail d'une serrure
    tombeaux d'Ambohimalaza
    table pour la préparation du défunt et le piédestal pour discourir
    table pour la préparation du défunt et le piédestal pour discourir
    table pour la préparation du défunt et le piédestal pour discourir
    tombeaux d'Ambohimalaza
    tombeaux d'Ambohimalaza
    tombeaux d'Ambohimalaza
    tombeaux d'Ambohimalaza
    A l'Est Antananarivo
    A l'Est Antananarivo
    en remontant sur le sommet vous avez une source d'eau "ranomahery"qui est  sacrée qui est utilisée lors de la circincision
    en remontant sur le sommet vous avez une source d'eau "ranomahery"qui est  sacrée qui est utilisée lors de la circincision
    "Tsarovy ny tanindrana"
    l'ouvrier qui a confectionné ce couvercle de béton et gravé  "Tsarovy ny tanindrana"  n'oubliez pas les côtiers ne manquait pas d'humour quand on sait que la colline est un haut lieu historique pour les nobles de l'imerina et que la rivalité hauts plateaux et côtiers est encore trop souvent présente.
    source d'eau "ranomahery"qui est  sacrée
     
    Collines des Rois
    Alasora
    Amboatany
    Ambohibato
    Ambohibeloma
    Ambohidrabiby
    Ambohidratrimo
    Ambohijanaka
    Ambohijoky
    Ambohimalaza
    Ambohimanambola
    Ambohimanga
    Ambohiniazy
    Ambohipoloalina
    Ambohitrondrana
    Ambohitrontsy
    Ambohitrosy

    Anosimanjaka
    Antsahadinta
    Babay
    Iharanandriana
    Ilafy
    Imerikasinina
    Imerimanjaka
    Kaloy
    Merimandroso
    Namehana
    Soanangano
    Tsinjoarivo
    Collines Sacrées
    Tombeaux Doany
    Quartiers d'Antananarivo
    Andriamambavola personnage fort célèbre
    Doany Ambohidroa
    Doany Ambatondradama
    Doany Ambohitriniarivo: haut lieu de pélerinage
    Doany Andranoro:elle se noya par amour
    Mananjara Mahitsy
    Rova d'Andriambola
    Ambatomanga
    Ambatoharanana
    Ambatomanoina
    Ambohitrimanjaka
    Ambonivohitra
    Anosivato

    Ambohitahara
    il ne faut jurer de rien

    Andriantany
    le village des Rois

    Ankadimanga
    Ankazomalaza
    Ankosy village fortifié
    Anosisoa tombeau d'Andriambodilova
    Les natifs de Fiakarana sont de teint clair
    Tsiafatampo
    un tombeau stylisé
    Lieux célèbres
    Partenaires
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    Association
    Madasso oeuvre à la construction d'une école et d' un dispensaire dans une région isolée du Sud d' Antalaha dans le village d'Ambodirafia
    Peinture Exposition
    Jean Ony artiste de talent qui a toujours refusé de se laisser enfermer dans un style ou de se laisser coller une étiquette
    Sylvain Razafindrainibe l' excellence dans tout son art
    Romain Rakotoarimanana inspiré par les bandes dessinés dés son plus jeune âge

    GALERIE. EXPO.VENTE


    Evénements
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